ANERIE DE MONTLAUR

Peinture Poésie Ânes

ifran’
5 le château
11220 Montlaur
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Les chemins d'ifran'

Les ornières au radar

L'édit de l'eau delà de moi ou reste avec
ta façon d'aimer, de saisir, sans le faire.
 
M'ami,
cet émoi de toi qui vient et envoie ton bienveillant sourire,
impacte ta façon réjouir,
ton rire aussi tant jeune, juste, vainqueur,
loin de la médiocre de certains imbéciles,
sur la douleur aussi de ton corps de guéri,
grelot doux si frais qui se cascade,
réverbère l'âme de fond : la voici
en saison victorieuse.
 
Ecoutez! Listen to!
Ce que j'aime en Normandie, bien trempée, lame de mon épée,
ce que j'entends, c'est le pacte d'en Vie :
L'herbe qui gagne sur la petite route,
la mousse sur les toits, les lichens en plein nord,
les chaumes qui fleurent le bon sec en été, l'humide maintenant,
les nuages qui évitent la télé satellite
et s'étirent jour et nuit, se font la belle, loin de l'endormenteuse et rigolent.
Les prairie et les prés, les bocages, les fossés, les ornières,
la pluie sur les fougères qui dominent talus,
les rangées d'hêtres verts ou pourpres qui
s'époumonent de leurs grands corps gris,
essayant de jouer trappe-trappe le vent,
leurs balances d'automne en couleurs amadous,
possibles marcescences,
il dépend de novembre, les mésanges bleues, nonnettes ou charbonnières,
le petit rouge-gorge, fidèle garde du corps, les chardonnerets, les grives,
merles et fauvettes, les bergeronnettes, la sitelle qui descend tête en l'air, les
graminées qui gouttent ou bourdonnent, c'est selon,
grésil des abeilles qu'honorent valérianes,
les ornières éclairant la terre, clair miroir de ciel,
le bouvreuil d'hier soir prenant un bain de flaque
au bas de ton jardin,
celle de ce matin, la femelle, grignotant sur table du Levant, au mien
si peu qu il m'appartienne,
la fripe de la mare où le héron décolle,
le sentier qui monte vers la rue du château,
les aubépines qui, noires l'hiver,
se marient au printemps,
les ronces qui accrochent les manteaux pour la saison des mûres,
le crapaud des maisons qui siffle régulier même note,
même son en Mars, Avril ou Mai,
la beauté merveilleuse de nos pas de conserve,
sur les graviers crissés,
nos regards dévalant la colline d'en face,
le respect des charmilles, des prairies, des espaces
qui naissent à chaque de nos voix.
 
La place du marché le lundi, ses marchands,
les halles sombres et vielles accueillent
les paniers, les papiers, les sacs plastiques, les poches,
le café bien nommé "du commerce", les sons, les bruits, les cloches
les personnes conversant, sirotant leur café,
le p'tit blanc du matin où rendez -vous fut pris,
ton invite à nous suivre, nous précéder, nous perdre,
ton désir m'épaulant en joue, feu!
L'achat du chapeau vert,
les graines en boite aux lettres et les fanes de carottes,
les mi-bouteilles de vin dégustées en parole, en rituels joyeux.
Navigation dans les noirs, au radar,
avec la direction joie de vivre, retrouvée,
le retour sans regard en arrière, sans poussière noire
avec un petit mot à dorloter sans bruit,
une douceur, une tendresse,
mes pas de solitaire dans la nuit raccourcie,
mon coeur partant pour là, mon corps étant pour vous,
les bêtes m'accueillant de leur sourire si doux,
la soirée de lecture, d'écriture ou de chant,
la beauté de mes gestes en mémoire de toi.
Le réveil en appel du jour de ces temps-ci.
Voici.

ifran' st Kélilan le 26 12 12, finition le matin. Puis le matin du 15 11 13, moins tôt.